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Tribune du Comité Permanent de Défense et de Développement de l’Enseignement Agricole Public, parue dans l’Humanité le vendredi 16 septembre 2016.

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mardi 27 septembre 2016 Partager envoyer par mail envoyer par mail

Changer de modèle, faire de l’Enseignement Agricole Public un atout

L’agriculture est aujourd’hui en crise. En France, en Europe et ailleurs, le productivisme s’est accompagné d’un effondrement de l’emploi agricole, de la baisse des revenus des producteurs et de graves préjudices nvironnementaux et sanitaires.

Dans les pays en développement, un milliard de personnes souffrent de la faim, dont l’essentiel sont des petits paysans qui n’arrivent pas à vivre de leurs revenus. Les politiques libérales tentent d’imposer partout une concentration de l’agriculture sous le pouvoir de gros propriétaires et de multinationales de l’agro-industrie. En Europe, pour « rester compétitif », réforme après réforme, la PAC a favorisé l’élimination des exploitations familiales, tout en favorisant la concentration des outils de production au service d’une alimentation industrielle et de la malbouffe. En France, un vaste plan social qui n’en porte pas le nom guette les producteurs et plus globalement l’élevage français... Le diagnostic est connu, démantèlement des outils de régulation, libéralisation des marchés, dumping social, concentration de l’agriculture au profit des géants de l’agroalimentaire et de la grande distribution. Faute d’affronter le sujet de prix agricoles rémunérateurs, comme celui des travailleurs détachés en Europe, les mesures gouvernementales n’auront été qu’incantatoires !

C’est donc vers un autre chemin, celui du progrès humain, de l’appropriation sociale, des biens communs qu’il faut faire route et avec courage.

Face aux défis est posée l’émergence d’un nouveau mode de développement social et écologique. Notre combat est celui de la souveraineté alimentaire. Pour répondre au défi climatique, un nouveau modèle agricole, rémunérateur pour les travailleurs doit promouvoir la valorisation, la transformation et la vente au plus près des consommateurs. En France, repenser le territoire est devenu indispensable. A l’inverse des logiques capitalistes actuelles qui concentrent et marginalisent, la ruralité doit devenir attractive. Il est urgent de réinvestir les départements ruraux en faisant le pari de l’agriculture paysanne, de la pêche artisanale, de l’artisanat et du développement des savoir-faire.

Le déploiement de services publics au service des territoires et populations en est la condition. Après les suppressions massives d’emplois survenues sous la présidence Sarkozy, il était impératif pour notre Comité permanent de défense et de développement de l’Enseignement agricole public, mis en place dans cette période d’assèchement méthodique, que la priorité soit clairement redonnée aux établissements publics agricoles.

Or, force est de constater que les moyens demeurent encore insuffisants et que les pratiques de gestion de la pénurie se sont poursuivies sans prise en compte des besoins réels, avec le maintien des plafonnements d’effectifs, des ouvertures de classes très réduites, des options facultatives non financées,..., et le tout au détriment de la dimension pédagogique à l’image du refus de la DGER d’expérimenter un parcours en 4 ans pour les élèves de la voie professionnelle en ayant le plus besoin.

Sortir de cette impasse est une nécessité plus grande encore à l’heure où la crise agricole n’a jamais été aussi vive et la promotion de nouveaux modèles de production respectueux de l’environnement aussi urgente. L’Enseignement agricole public, fort de ses exploitations agricoles et de ses 3 voies de formation, est seul à même de porter des politiques publiques audacieuses en faveur d’une formation professionnelle et technologique au service d’une agriculture relocalisée et paysanne. Cela nécessite que les freins au développement de l’EAP, notamment en terme de moyens, soient levés dans le cadre du budget 2017, tant en regard de la demande des familles que des enjeux de société. L’Enseignement Agricole Public doit donc avoir les moyens de ses missions dont la première d’entre elles reste de garantir l’égal accès à la formation de tous et toutes pour la réussite de tous et toutes.

Nous avons la conviction que nous ne pourrons porter collectivement un autre modèle d’agriculture, respectueux de l’environnement, au service des territoires et des citoyennes et citoyens qu’en donnant un nouveau souffle, un nouvel élan à l’enseignement agricole public. Il est plus que temps de porter et d’assumer politiquement cette priorité.

Les signataires :

Gérard ASCHIERI - Représentant de la FSU au CESE José BOVE - Député européen Verts / ALE - Membre de la Commission Agricole Céline BRULIN - Conseillère Régionale de Normandie - Conseillère municipale de Bolbec - PCF Pierre CHERET - Conseiller Régional Nouvelle Aquitaine - Conseiller municipal de Pau - PS Xavier COMPAIN - Responsable national agriculture, pêche, forêt - PCF Eric COQUEREL - Coordinateur du Parti de Gauche Jérôme DAMMEREY - Co-secrétaire Général Snuep-FSU Martine FAURE - Député de Gironde - PS Muriel FILIPPI - Secrétaire Générale du Syac-CGT Charles FOURNIER - Vice président du Conseil Régional Centre Val de Loire - EELV Marie-Jeanne GOBERT - Conseillère Régionale Normandie - Conseillère municipale Caen - PCF Brigitte GONTHIER MORIN - Sénatrice des Hauts de Seine - PCF Bernadette GROISON - Secrétaire générale FSU Jocelyne HACQUEMAND - Secrétaire fédérale FNAF-CGT Gilles HOUDOUIN - Conseiller régional de Normandie Front de Gauche Sébastien JUMEL - Maire de DIEPPE - Conseiller régional de Normandie - PCF Pierre LAURENT - Secrétaire National PCF - Sénateur Jean-Marie LE BOITEUX - Secrétaire général du Snetap-FSU Noël MAMERE - Député de Gironde - Maire de Bègles - EELV Jean-Luc MELENCHON - Député européen - PG Jean MOUZAT - Président du MODEF National Liliana MOYANO - Présidente de la FCPE Roger PERRET - FNAF-CGT Laurent PINATEL - Porte parole national de la Confédération paysanne Michelle RIVET - Vice présidente du Conseil Régional Centre Val de Loire - EELV Eve SAYMARD - Co-responsable agriculture du Parti de Gauche Aurélie TROUVE - Porte parole d’ATTAC

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